|
|
Madame Marie-Renée Colin, née Bézanère, nous a partagé les trouvailles qu'elle a faites aux Archives nationales de France, section des Archives de la Marine à Rochefort, référence 1 E 149 et 150.
La liste d'embarquement des recrues dont faisait partie l'ancêtre des Besner canadiens a été signée par un Monsieur Gignoux . Il était lieutenant-colonel d'infanterie, spécialement chargé d'organiser le recrutement de troupes pour les colonies. Une lettre qui lui était adressée en date du 17 juin 1751 nous apprend des détails sur les circonstances et conditionnements de sa tâche. Cette lettre le désigne, en effet, pour des «opérations dont vous êtes chargé pour les recrues des colonies... ordre du roi qui vous commet pour en faire la levée et pour en avoir le commandement avec une instruction que je vous ai aussi expédiée sur la conduite que vous aurez à tenir sur ces deux objets. Il me reste à vous expliquer ce que vous avez à faire pour vous mettre en état de travailler aux levées... assemblées à l'île de Ré... rapporté à vous pour le choix tant des sujets que des deux officiers qui pourront vous être nécessaires à l'île de Ré pour la discipline et l'exercice des recrues, persuadé que je suis que vous n'en prendrez qu'autant que vous serez assuré de leur intelligence et de leur exactitude à tous égards.»
La même lettre dit aussi : «un traitement sera versé aux soldats durant le séjour qu'ils feront à l'île de Ré... Quant au nombre des recrues il est à propos que vous les portiez à trois cent ou quatre cents et comme il est important que vous ayez d'abord une vingtaine de soldats au dessous de la taille de cinq pieds deux pouces (il s'agit de valeurs françaises d'alors, un peu inférieures aux valeurs anglaises) et ceci pour une durée de six ans... les recrues seront amenées à l'île de Ré... vous ne négligerez rien pour les former à la discipline et à tous les exercices militaires.»
Jusqu'à 1760, la formation des recrues pour les colonies, dont le Canada, se déroula à l'Île de Ré. Il se poursuivit pour la Martinique, Saint-Domingue, la Louisiane et le Sénégal jusqu'en 1781. À cette date, les compagnies de dépôt de l'Île de Ré ont été transférées à L'Orient (aujourd'hui Lorient). L'état sanitaire des recrues y arrivant était déplorable : poitrinaires, scorbutiques, ulcéreux, beaucoup sont morts pendant leur formation.
![]() |
![]() |
![]() |
|
|
On trouve ensuite un document faisant état de l'opération à la date du 6 novembre 1751. Monsieur de Gignoux est aidé par six officiers, qui ont les titres suivant: un aide-major- capitaine, trois lieutenants et deux enseignes en pied. Chaque soldat arrivant à l'île de Ré se voit attribuer six sols par jour jusqu'à l'embarquement; ils partent avec leur uniforme et leur armement, à l'exception des épées laissées à l'île de Ré pour d'autres nouvelles recrues. "Il est indispensable de donner dans l'hiver le chauffage aux recrues ainsi que la fourniture de souliers avant l'embarquement". Arrivant à Rochefort, les recrues seront "présentées par les officiers qui les conduisent, soit au bureau des troupes à Rochefort, soit aux...de la Marine à La Rochelle, pour y être passées en revue, leur signalement pris, leurs engagements vérifiés et pour en tenir registre au bureau des troupes à Rochefort" . Madame Colin n'a pu, hélas! mettre la main sur ce registre des troupes.
Une autre note interne du 21 janvier 1752 mentionne que "les nouvelles recrues sont mises en dépôt à la tour de la Lanterne, à La Rochelle, en attendant leur passage à l'île de Ré".
Site internet de l'Île de Ré
http://www.charente-maritime.org/ile-de-re/accueil/re.php
Site internet de Rochefort