Famille Besner d'origine française

 Les Compagnies Franches de la Marine

Dans le contexte de ces années de fin de régime français (1750-1760), la vie militaire ne ressemblait en rien à ce qu'elle est devenue sous le régime anglais. La France avait besoin d'hommes pour défendre sa colonie et assurer la sécurité de ses gouvernants. Ceux qui assurèrent ces fonctions, assez tôt dans l'histoire de la Nouvelle-France, étaient les soldats des Compagnies Franches de la Marine.

Les Compagnies Franches de la Marine existaient déjà entre 1670 et 1680. Elles étaient composées de soldats-gardiens, levés et licenciés au gré des besoins. Mais, le 16 décembre 1690, elles furent officiellement créées pour assurer en permanence un service dans les colonies. Elles furent assignées à chacun des ports militaires, en France, d'où chaque compagnie détachait des soldats pour servir sur les navires de guerre. Ces hommes prenaient part à toutes les batailles navales et à de nombreux débarquements. Ce sont ces soldats qui servirent sous d'Iberville, au cours de ses expéditions maritimes. Leurs effectifs furent réduits à aussi peu que 3 000 hommes durant les périodes de paix et augmentèrent à 10 000 durant les guerres.

Le drapeau des Compagnies Franches de la Marine

Une compagnie, cela aurait dû faire autour de cinquante soldats, mais ces compagnies ne dépassaient que rarement le nombre de quarante hommes.

On les désignait du nom de Compagnies de la Marine. La même appellation désignait tant les troupes qui servaient sur les navires que celles qui étaient envoyées aux colonies. Or les affaires des colonies relevaient du ministre de la Marine: d'où le nom attribué aux troupes que ce ministère levait pour ses besoins d'outre-mer autant sur les vaisseaux que sur terre.

Le qualificatif de «Franche» ajouté à ces compagnies signifiait qu'elles étaient indépendantes et non enrégimentées, c'est-à-dire ne dépendant pas des autorités des troupes régulières de la Métropole, comme ce fut le cas pour les soldats du Régiment de Carignan, venus au Canada en 1665, et pour ceux des armées de Montcalm en 1755-1760.

Soldat des Compagnies Franches de la Marine vers 1740

Soldat des Compagnies Franches de la Marine vers 1750
Les deux images précédentes sont tirées de l'Album no 1
«Le patrimoine militaire canadien» paru chez Art Global, à Montréa
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Si la majorité des jeunes gens recrutés étaient originaires du voisinage des grandes villes et des ports de mer donnant sur l'Atlantique, les recruteurs se rendaient aussi dans des coins plus reculés comme la Gascogne, où peu de généalogies canadiennes-françaises ont leur source. À l'époque de l'émigration de notre ancêtre, cette région était en crise économique; l'histoire de la France a retenu qu'il y eut une grande disette en 1752. C'est fort probable que cette circonstance, ajoutée aux autres invoquées ci-devant, l'encouragea à s'enrôler.

Les recruteurs étaient des intermédiaires, soit militaires eux-mêmes, soit simplement civils, qui, moyennant commission, parcouraient la France surtout dans ses régions les plus défavorisées. Ils pouvaient plus facilement rencontrer là des jeunes à l'avenir bloqué qui acceptaient comme une bouée de sauvetage la proposition d'aller vivre au loin une aventure intéressante et payante. Si le recruteur était militaire, il ne manquait pas de tirer avantage du prestige que lui conférait son costume.

On décrivait aux candidats éventuels leur future tâche militaire un peu comme celle que remplissent, en nos temps modernes, les forces de maintien de la paix de l'O.N.U. On garantissait aux recrues qu'elles toucheraient une solde, sans doute modeste, mais accompagnée d'une possibilité de bénéfices marginaux. Si elles en acceptaient la peine, on leur garantissait de voyager comme elles n'en auraient jamais la chance du reste de leur vie si elles restaient en Europe. On leur faisait miroiter les agréments de la vie partagée avec les habitants, partout où elles iraient, et aussi la belle liberté de moeurs des amérindiennes. On leur assurait la possibilité de recevoir gratuitement, à la fin de leur engagement, une terre pour s'établir dans la colonie, s'ils en manifestaient l'intérêt. Les volontaires signaient alors un contrat d'une durée de six ans et touchaient immédiatement une prime de départ que la plupart gaspillaient allègrement avant de s'embarquer sur les bateaux.

Selon les archives militaires, l'âge moyen des recrues, à leur départ , se situait dans leur jeune vingtaine. Elles mesuraient en moyenne, en valeurs de nos jours, cinq pieds et quatre pouces, (1 m 62.5), les extrêmes se situant entre cinq pieds et deux pouces (1 m 57.5) et six pieds et deux pouces (1 m 88).

Si les officiers de ces Compagnies occupaient des fonctions importantes dans la colonie, par exemple diriger les garnisons des avant-postes, se charger des relations diplomatiques et de la guerre avec les indigènes, faire de nouvelles explorations dans l'arrière-pays, les simples soldats constituaient en fait une basse classe urbaine. Ils logeaient chez les gens de la ville ou dans les fermes des environs où ils étaient appelés à servir.

Ces soldats étaient armés de fusils. À partir de 1680, l'uniforme fut gris-blanc; doublures, parements, veste, culottes et bas étaient bleus, et les boutons étaient en laiton.

La présence dans les localités de plusieurs centaines de ces jeunes gens soumis à une discipline militaire plutôt lâche devenait facilement cause de troubles: on tient les soldats responsables d'une grande part des larcins et de l'ivrognerie qui se manisfestaient de temps à autre dans les villes; et, à mesure que grossit la population militaire, le nombre des naissances illégitimes monte en flèche dans les endroits où les troupes sont cantonnées.

En temps de paix on pouvait les engager comme journaliers, et ceux qui s'adaptaient au pays pouvaient tenter d'obtenir leur licenciement pour se marier et s'établir, ce qui fut le cas pour Jean Bézanaire. De toutes façons, ces unités militaires furent dissoutes en 1761 par les nouveaux maîtres du pays.

Les données techniques et historiques ci-devant énoncées, sont tirées de deux ouvrages pertinents: - «Le patrimoine militaire canadien» paru chez Art Global, à Montréal en 1993 et 1995; et - ¨Histoire générale du Canada¨ édité sous la direction de Craig Brown de Toronto, en traduction française chez Boréal Compact de Montréal en 1990.

Pour ceux que cela intéresse, voici plusieurs liens qui mènent à des sites Internet traitant des Compagnies Franches de la Marine.

 

http://www.navres.forces.gc.ca/navres/HQ-QG/activite/cfm/index_f.htm

http://204.19.14.10/vmnf/popul/militaires/milit07-fr.htm

http://www.compagniedelacorne.org/