Famille Besner d'origine française

 La démographie québécoise au 19 ième siècle

De 1831 à 1871, le Québec a connu un bond démographique extraordinaire. Il fut le fait, bien sûr, de la « revanche des berceaux », un taux de natalité très élevé, surtout chez les canadiens francophones, mais aussi de l'immigration, quoique à un moindre degré. La population totale passa alors, en quarante ans, de 511,000 à 1,200,000 habitants.

Le peuplement canadien avait commencé à se développer sur les bords du fleuve Saint-Laurent, surtout dans les seigneuries, concédées en majorité au dix-huitième siècle. Le mode de vie des habitants étant surtout rural, l'accroissement de la population accéléra leur développement. Les trois centres urbains et commerciaux des villes de Québec, Trois-Rivières et Montréal existaient déjà. L'explosion démographique les favorisa aussi parce que le Régime anglais avait apporté avec lui l'industrialisation et le commerce intérieur qui fournissaient des emplois salariés plus nombreux.

Un véritable mascaret a déferlé sur la région du suroît québécois

En 1984, je suis allé « découvrir » les Maritimes. Venant des « Pots de fleur » à Hopewell Cape, Nouveau-Brunswick, et remontant vers Moncton, en suivant la route qui borde la rivière Petitcodiac affluent de la baie de Fundy, j'ai pu contempler un phénomène naturel assez impressionnant : le mascaret. La marée montante provoque la naissance d'une vague d'environ trois pieds qui déferle vers l'amont à la vitesse du trot d'un cheval attelé à une voiture.

Quand je remonte des généalogies de vieilles familles de Soulanges, entre autres celles de mes ancêtres autant du côté paternel que du côté maternel, c'est cette image du mascaret qui me vient à l'esprit. François Brunet dit Bourbonnais vint à Ville-Marie comme recrue « trente-six-mois », mais il s'est installé à Lachine avant la fin de sa vie. Aux générations suivantes, sa descendance se retrouvait à Pointe-Claire et Ste-Anne du Bout-de l'île (de Bellevue) et Senneville; puis sur l'Île-Perrot, à Vaudreuil et enfin dans Soulanges. Mon ancêtre Bézanaire était gascon d'origine. Au terme de sa carrière de huit ans dans les Compagnies franches de la Marine, il décida de rester au pays et se fit concéder des terres à Vaudreuil, renouant ainsi avec les tâches agricoles de son enfance. Ses petits-fils émigrèrent massivement dans Soulanges. Saint-Joseph des Cèdres est non seulement la paroisse-mère de Saint-Polycarpe, de Coteau-du-Lac et Saint-Clet, mais c'est à partir de là que presque tout le territoire actuel du diocèse de Valleyfield, alias le Suroît, fut desservi à mesure que des colons catholiques s'y établirent. Cette population massivement rurale n'en finissait plus de défricher les forêts et de « faire de la terre » neuve pour établir les nombreux fils de familles vigoureuses et prolifiques.

extrait des pages 38 et 39 de HISTOIRE DE COTEAU-DU-LAC, Tome 2: Le patrimoine religieux, par Hector Besner; éditeur: Société d'histoire de Coteau-du-Lac. parution: juin 1998