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Quand nous entendons les mots "seigneur", "seigneurial" ou "seigneurie", nous sommes portés à croire qu'ils ont le même sens que dans la France du Moyen-Âge. Si les termes sont identiques, car on peut en trouver la signification dans n'importe quel dictionnaire, les réalités qu'ils ont représentées, ici au Canada, sont souvent bien différentes. Par exemple, en France féodale, seuls les "nobles" accédaient au titre de "seigneur". En Nouvelle-France, cet honneur était ouvert à peu près à n'importe qui. Il est vrai qu'on le concédait parfois en reconnaissance de services rendus, entre autres aux militaires, et qu'il ennoblissait d'une certaine façon. Mais les seigneurs d'ici ne furent pas tous riches. Plusieurs de leurs commettants le devinrent plus qu'eux.
Dès 1627, la France dota sa colonie d'Amérique du Nord d'un système de concession de terres en vue d'un peuplement. L'État voulait d'abord s'associer des entrepreneurs privés qui seraient motivés à établir autour d'eux le plus de colons possible. Le titulaire d'une seigneurie recevait gratuitement une certaine étendue de territoire, moyennant hommage au Roi. Le nouveau seigneur devait, à son tour, aussi gratuitement, redistribuer ce territoire, en parcelles convenables, à des colons, moyennant des contributions futures au donateur.
En instituant le régime seigneurial en Nouvelle-France, la mère patrie voulut confier à des entrepreneurs privés, qu'on appella des seigneurs, une portion plus ou moins grande de terre, qu'on nomma une seigneurie. Elle y établit des habitants, qu'on nomma des censitaires, imposant aux uns et aux autres, de façon précise, des droits et des devoirs dont l'observance minutieuse était soumise au contrôle de l'État.
Nous avons eu, en Nouvelle-France, très peu de grandes seigneuries, mais plutôt une multitude de petites seigneuries, qui allaient compter un nombre élevé de colonisateurs faisant des affaires avec l'État.
extrait des pages 55 et 56 de HISTOIRE DE COTEAU-DU-LAC, Tome 1: Les origines, auteur: Hector Besner (éditeur: Société d'histoire de Coteau-du-Lac; parution: juillet 1996)