Famille Besner d'origine française

La première rencontre Besner-Bézanère

(racontée différemment des deux côtés de l'Atlantique)

Marie-Renée Colin née Bézanère

Claire Besner

Suite à sa visite de 1964 au pays de l'ancêtre, le notaire Robert Besner de Valleyfield, QC, ne rédigea malheureusement aucun écrit. Sa fille Claire, née en 1943, son unique descendante encore vivante, était trop jeune pour s'intéresser à la généalogie. Elle ne retient que le désappointement de son père suite à cette visite. Un cousin du notaire, Gaëtan Besner (1922-1998), cultivateur, résidant du Ruisseau à Coteau-du-Lac, QC, m'a raconté, au cours d'une conversation le soir du 4 novembre 1996, les souvenirs que lui en avait laissé le notaire Robert.

 De référence en référence, le notaire Robert aurait découvert et visité une terre dans le Gers qu'il croyait être la terre ancestrale. Elle était cultivée à ce moment-là par un des descendants de la même famille qui se la transmettaient par héritage. Il y exploitait une industrie laitière. Cet homme aurait déclaré avoir une fille qui étudiait alors le droit et un fils non intéressé à assurer la relève. Il aurait avoué devoir, à regret, liquider l'héritage ancestral.

 Me Robert Besner aurait raconté que, au premier contact, le cousin français avait été rétif à recevoir cette visite d'un canadien. Mais, après explications sur les motifs bien désintéressés du visiteur étranger, l'hôte «gascon» aurait avoué sa crainte qu'il s'agissait, surtout de la part d'un homme de loi, de quelque réclamation d'une part d'héritage jamais réglée. Pour divers motifs, le notaire canadien ne goûta pas la rencontre.

Les parents de Marie-Renée Colin, née Bézanère,ici à leur domicile en 1990.

Une maison de ferme typique aux environs de Rieumes, ici, chez Pierre Bézanère, en 2004.

 Cette visite de 1964 s'est cependant avérée fort bien documentée outre-mer. Madame Marie-Renée Colin, née Bézanère, était la fille du « cousin» alors visité, Élie Bézanère dans le département du Gers. Au moment de la rencontre de 1964, Marie-Renée travaillait déjà à Paris à l'Administration des Finances et avait terminé ses études en Droit depuis deux ans. Sa mère, qui n'est décédée qu'en décembre 2000, lui avait déjà donné le récit de ces visites et se l'est fait raconter de nouveau par elle en décembre 1998.

 Voici donc le récit de la première rencontre BESNER-BEZANÈRE en 1964. Marie-Renée nous la raconte comme l'ont vécue ses parents qui étaient agriculteurs domiciliés à St-Loube-Amade, mon village natal.

 Un jour donc ma mère, occupée en sa cuisine, voit arriver quatre personnes entrées sans avoir frappé auparavant à la porte, d'ailleurs toujours ouverte puisqu'à l'époque j'avais suggéré cette solution vue l'absence de sonnette électrique.

 - « Nous sommes vos cousins du Canada»

- « Nous n'avons pas de cousins au Canada», dit ma mère, «mais nous allons demander à mon mari ».

 À l'étable mon père, occupé à nourrir les vaches, confirme. Les Canadiens, deux hommes et deux femmes, se présentent : M. Besner, notaire, son épouse , sa soeur et son beau-frère, en voyage en Europe en véhicule Pontiac. Ils déclarent descendre d'un ancêtre originaire de Riomoux, diocèse de Lombez, marié au Canada avec Anne Caglia.

Pour trouver des Bézanère dans le département ils s'étaient adressés à la Préfecture à Auch qui avait trouvé mes parents grâce aux listes électorales. Ils s'étaient auparavant rendus dans une commune nommée La Romieu mais la mairie du village leur avait dit ne connaître aucun Bézanère.

 Mes parents n'ont pas été très accueillants pour ces lointains cousins arrivant à l'improviste. À l'époque, je leur avais d'ailleurs reproché leur attitude. Quant à ce Bézanaire émigré au Canada, ils avaient simplement retenu qu'il y avait plus de 2000 descendants.

Ils m'ont expliqué ainsi leur réticence envers ces visiteurs inattendus.

Ils pensaient que si un Bézanère avait émigré au Canada ils le sauraient, donc ce n'était pas une histoire très crédible et les visiteurs ne pouvaient pas être de bonne foi, d'autant que leur nom était Besner... et non Bézanère.

 Riomoux était un nom parfaitement inconnu d'eux. Mais quelques jours après ils ont pensé que Riomoux n'était autre que Rieumes, à 10 km de chez eux, mais ils ne l'avaient pas compris sur le champ parce que c'était dit en patois gascon incorrectement prononcé.

 Ils ont par ailleurs regretté de ne pas avoir orienté les visiteurs canadiens vers d'autres Bézanère domiciliés près de Rieumes mais ceux-ci, contactés par la suite, ont confirmé tout ignorer de cette aventure.

 Je pense qu'ils ont eu du mal à se comprendre du fait de leurs accents très différents. Dans le Midi de la France on parle « plat » et même l'accent parisien (radio, télévision) est parfois mal reçu par des oreilles occitanes. Alors que dire de l'accent québécois... et inversement sans doute l'accent du midi n'est pas bien passé. Trois preuves de ces malentendus :

 - pourquoi mes parents ont-ils compris que l'épouse de votre ancêtre s'appelait Anne Caglia au lieu de Marie-Anne Gruzelin ? Et ma mère est formelle, c'est Anne Caglia qu'elle a entendu, compris et retenu.

 - la terre ancestrale que le notaire Besner aurait découverte et visitée, donc la ferme de mes parents, a été achetée par mon grand-père en 1905 (grâce à un héritage reçu par son épouse). Si terre ancestrale il y eut, elle se trouve dans la commune de Savères, mais je doute que les Bézanère aient possédé de la terre à l'époque de 1750.

- mon père n'a pas pu déclarer qu'il avait un garçon et une fille puisque je suis fille unique et en 1964 j'avais terminé mes études de droit depuis 2 ans et je travaillais dans l'Administration des Finances.

Post Scriptum ...

Au printemps 1997, le réalisateur du présent site «internet» a eu une entrevue avec Claire Besner, fille de feu le notaire Robert qui avait grandement contribué, bien qu'à son insu, au travail qui nous intéresse tous aujourd'hui. Elle a alors révélé des souvenirs qu'elle n'avait pas encore dits lors de rencontres antérieures... Elle avait 20 ans en 1964 et se rappelle avec combien d'amertume son père était revenu de ce voyage en France dont le but principal était de découvrir ses racines gasconnes... Son épouse en faisait parfois allusion en le raillant, tandis que lui ne voulut jamais en reparler. Elle m'a aussi identifié l'autre couple: il s'agissait du pharmacien Lucien Perron, également de Valleyfield, et de la jeune conjointe qu'il avait élue suite à son divorce. Le notaire Robert Besner ne pratiqua que très peu le Droit, héritier qu'il était d'un grand commerce de quincaillerie qui se transmit jusqu' à la cinquième génération et fonctionna jusqu'en l'an 2002. Le pharmacien Perron était lui aussi devenu davantage un homme d'affaires qu'un professionnel de la santé. Les deux faisaient des affaires en milieu rural avec les cultivateurs de la région et savaient parfaitement évaluer une entreprise agricole.